mar. Juin 2nd, 2026

La récente décision du ministre des Mines suspendant, pour une durée de trois mois, les activités minières dans les territoires de Mwenga et Shabunda continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et des communautés concernées. Parmi les premières voix à se faire entendre figure celle du député national Trésor Lutala Mutiki, élu de Mwenga, qui tient à clarifier la portée réelle de cette mesure gouvernementale.

Selon l’élu, l’arrêté ministériel ne doit pas être perçu comme une interdiction générale visant indistinctement tous les acteurs du secteur minier, notamment les creuseurs artisanaux qui tirent directement leur subsistance de cette activité. Pour Trésor Lutala Mutiki, la décision du gouvernement poursuit avant tout un objectif d’assainissement du secteur minier dans ces deux territoires du Sud-Kivu, longtemps confrontés à une exploitation anarchique et à de multiples irrégularités.

D’après lui, les véritables cibles de cette suspension sont essentiellement les exploitants clandestins, certaines sociétés minières ainsi que des réseaux opérant en marge du Code minier, sans respect des obligations légales ni des engagements pris envers les communautés locales.

« Il ne faut pas confondre les creuseurs artisanaux avec les réseaux mafieux et les opérateurs illégaux », insiste l’élu de Mwenga, préoccupé par les risques d’amalgame susceptibles de fragiliser davantage des milliers de familles dépendantes de l’exploitation artisanale.

Une position cohérente avec ses alertes antérieures

La réaction de Trésor Lutala Mutiki s’inscrit dans la continuité de ses multiples dénonciations formulées ces derniers mois sur la situation minière à Mwenga et Shabunda.

À plusieurs reprises, le député national avait alerté sur les graves dysfonctionnements observés dans le secteur, dénonçant notamment le non-respect des cahiers des charges par certains opérateurs miniers, l’exploitation illicite des minerais ainsi que l’absence de mécanismes crédibles de traçabilité.

L’élu mettait également en garde contre les conséquences sécuritaires liées à cette exploitation désordonnée. Selon ses différentes prises de position, l’opacité entourant certaines activités minières favorise non seulement l’économie parallèle, mais nourrit également des réseaux soupçonnés de participer à la déstabilisation de cette partie du Sud-Kivu.

Pour Trésor Lutala Mutiki, la richesse minière de Mwenga et Shabunda devrait constituer un levier de développement local et non une source permanente d’insécurité et de tensions sociales. Il dénonçait déjà le fait que certaines entreprises exploitent les ressources sans respecter leurs obligations envers les populations riveraines, privant ainsi les communautés des retombées économiques et sociales pourtant prévues par la législation minière congolaise.

Appel à une mise en œuvre équilibrée

Tout en soutenant la volonté du gouvernement de remettre de l’ordre dans le secteur, le député national appelle à une application équilibrée de l’arrêté ministériel.

Pour lui, la suspension des activités minières doit permettre d’identifier et d’écarter les acteurs illégaux sans pénaliser injustement les exploitants artisanaux respectueux des normes. Il plaide ainsi pour une démarche capable de concilier restauration de l’autorité de l’État, traçabilité des minerais et protection des intérêts des populations locales.

À Mwenga comme à Shabunda, où l’activité minière demeure un pilier économique majeur, la mise en œuvre de cette mesure sera observée de près. Entre impératif d’assainissement et préservation des moyens de subsistance des communautés, le défi des autorités consistera désormais à rétablir l’ordre sans aggraver la vulnérabilité sociale des habitants.

Michel Kasanga

By PR

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *