mar. Juin 2nd, 2026

Le groupe parlementaire ENSEMBLE, unique groupe se réclamant de l’opposition à l’Assemblée nationale, a annoncé la suspension de sa participation aux travaux parlementaires relatifs à la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Cette position a été rendue publique dans une déclaration politique signée le 27 mai 2026 à Kinshasa par son président, Christian Mwando Nsimba Kabulo.

Dans ce document, les députés d’ENSEMBLE dénoncent ce qu’ils qualifient de « forcing » orchestré par la majorité au pouvoir autour du débat sur le référendum et estiment que cette initiative constitue une étape vers un changement constitutionnel qu’ils jugent contraire aux dispositions des articles 219 et 220 de la Constitution.

Le groupe parlementaire fonde sa position sur plusieurs considérations, notamment la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays. Il rappelle qu’une partie du territoire national demeure sous l’emprise des groupes armés, de l’armée rwandaise et des rebelles ADF, avec pour conséquences des millions de morts et d’importants mouvements de populations déplacées et réfugiées. ENSEMBLE souligne également que le Nord-Kivu et l’Ituri restent placés sous état de siège.

Selon la déclaration, les préoccupations prioritaires des Congolais devraient porter sur la restauration de la paix, la préservation de l’intégrité territoriale, l’unité nationale et le développement, plutôt que sur une réforme constitutionnelle.

À travers cette déclaration politique, le groupe parlementaire ENSEMBLE formule trois positions claires.

Premièrement, le groupe annonce la suspension de sa participation aux travaux de l’Assemblée nationale liés à la proposition de loi sur l’organisation du référendum en RDC. Pour ENSEMBLE, l’examen de ce texte ne constitue pas un simple débat législatif, mais une étape préparatoire vers une révision constitutionnelle jugée dangereuse pour l’équilibre institutionnel du pays.

Deuxièmement, en sa qualité d’opposition institutionnelle, ENSEMBLE demande au Président de la République d’arrêter toute initiative susceptible, selon lui, de légitimer la rébellion dans la partie Est du pays. Le groupe rappelle au chef de l’État son rôle de garant de la Constitution et l’exhorte à privilégier les réponses aux défis sécuritaires et nationaux.

Troisièmement, les députés d’ENSEMBLE appellent le peuple congolais à s’opposer à ce qu’ils décrivent comme un projet « macabre et dangereux » pour la survie de la nation. Cet appel vise à mobiliser l’opinion publique face à ce que le groupe considère comme une menace contre l’ordre constitutionnel.

Au-delà de ces trois points, ENSEMBLE adopte un ton particulièrement sévère à l’égard du pouvoir en place. Le groupe considère la démarche en cours comme un « complot » dirigé contre la Constitution de la RDC et affirme craindre une dynamique pouvant conduire à la balkanisation du pays.

Dans une conclusion à forte portée politique, le groupe parlementaire déclare laisser « le régime du Président Tshisekedi devant sa conscience et devant l’Histoire » pour assumer les conséquences de toute initiative qui aboutirait, selon lui, à une violation de la Constitution.

Cette prise de position marque une nouvelle montée de tension autour du débat sur le référendum et la question constitutionnelle, désormais au cœur de la confrontation entre majorité et opposition à l’Assemblée nationale.

Michel Kasanga

By PR

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