sam. Juil 18th, 2026

Le Collectif des Établissements des Services et Soins de Santé sous Couverture Santé Universelle (CESS-CSU) tire la sonnette d’alarme sur la situation financière que traversent les structures sanitaires engagées dans la mise en œuvre de la gratuité des soins des femmes enceintes, des accouchements et des nouveau-nés. Dans une note explicative adressée à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, le collectif dénonce des arriérés de paiement accumulés depuis quinze mois et sollicite une intervention urgente du Gouvernement.

Selon le document daté du 7 juillet 2026, les établissements de santé affirment n’avoir perçu qu’une partie des sommes dues pour les prestations réalisées entre juillet et décembre 2025. Ils indiquent que le Fonds de Solidarité de Santé (FSS) n’aurait versé que 30 % des montants dus, laissant impayés les 70 % restants. Pour les prestations fournies depuis janvier 2026, le collectif soutient qu’aucun paiement n’a encore été effectué.

Le CESS-CSU estime que cette situation compromet sérieusement le fonctionnement des établissements de santé. Parmi les conséquences évoquées figurent la démotivation du personnel soignant, les difficultés de fonctionnement des structures sanitaires, les ruptures récurrentes de médicaments et d’intrants médicaux ainsi que le risque de résiliation des conventions liant les établissements au FSS.

Au-delà des retards de paiement, le collectif accuse également le FSS de ne pas respecter les dispositions de la convention de collaboration signée le 5 septembre 2023. Les responsables des établissements rappellent que ce texte prévoit le paiement intégral des montants validés dans un délai de deux semaines après réception des rapports et factures validés, une disposition qui, selon eux, n’est pas appliquée.

La note soulève en outre la question de la suspension des paiements de plusieurs établissements de santé depuis mars 2025. Le collectif affirme que certaines structures voient leurs factures bloquées pour de présumés cas de fraude, sans notification officielle ni présentation d’éléments de preuve. Il s’interroge notamment sur le fait que les factures concernées aient été validées par les médecins vérificateurs avant que ces soupçons ne soient évoqués.

Face à cette situation, le CESS-CSU demande à la cheffe du Gouvernement d’ordonner le règlement rapide des arriérés de paiement, de veiller au respect strict des engagements contractuels du Fonds de Solidarité de Santé et de lever les suspensions frappant les établissements dont la responsabilité n’a pas été établie.

Le collectif avertit que la persistance de ces difficultés financières pourrait fragiliser davantage la mise en œuvre de la politique de gratuité de la maternité et des soins aux nouveau-nés, l’un des principaux piliers de la Couverture Santé Universelle en République démocratique du Congo. Il appelle ainsi les autorités à agir rapidement afin de préserver la continuité des services de santé destinés aux populations les plus vulnérables.

Michel Kasanga

By PR

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