À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le député national Célestin Engelemba, élu du territoire de Monkoto, dans la province de la Tshuapa, lance un vibrant appel en faveur de la reconnaissance officielle d’Ambroise Boimbo, ce compatriote dont le geste, posé le 29 juin 1960 à Léopoldville, demeure l’une des images les plus marquantes de la décolonisation du Congo.

Pour l’élu de Monkoto, Ambroise Boimbo n’est pas seulement l’homme qui a ravi, l’espace de quelques instants, la canne du roi Baudouin de Belgique, à la veille de la proclamation de l’indépendance. Il incarne surtout la dignité retrouvée d’un peuple qui aspirait à prendre son destin en main après près de huit décennies de domination coloniale.
Originaire et natif de Monkoto, dans l’actuelle province de la Tshuapa, Ambroise Boimbo est entré dans l’histoire grâce à un geste spontané immortalisé par le photographe allemand Robert Lebeck. Cette photographie, devenue l’une des plus célèbres du XXᵉ siècle, continue d’illustrer les ouvrages, les musées et les expositions consacrés à la décolonisation de l’Afrique. Pourtant, paradoxalement, celui qui en est le principal protagoniste demeure largement méconnu dans son propre pays.

« Ambroise Boimbo est un héros oublié. Son nom devrait être enseigné à nos enfants, honoré par les institutions de la République et inscrit dans notre mémoire nationale au même titre que les autres grandes figures de notre indépendance », affirme le député Célestin Engelemba.
Selon lui, l’histoire nationale ne saurait se limiter aux grands dirigeants politiques. Elle doit également rendre justice à ces femmes et ces hommes dont les actes, parfois spontanés, ont marqué durablement la conscience collective et contribué à façonner l’identité du Congo indépendant.
Pour le député de Monkoto, le silence qui entoure encore Ambroise Boimbo constitue une injustice historique qu’il est temps de réparer. Il estime qu’au-delà de la célèbre photographie, c’est toute une partie de la mémoire nationale qui mérite d’être mieux documentée, étudiée et valorisée.
À cet effet, Célestin Engelemba interpelle les autorités compétentes, notamment les ministères en charge de la Culture, de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et universitaire ainsi que les institutions en charge de la mémoire nationale, afin que des initiatives concrètes soient engagées.

Il propose notamment qu’une reconnaissance officielle soit accordée à Ambroise Boimbo à titre posthume, que son parcours soit intégré dans les programmes scolaires consacrés à l’histoire nationale, qu’un monument ou une stèle commémorative soit érigé en sa mémoire, et que son territoire d’origine, Monkoto, puisse accueillir un espace mémoriel retraçant son histoire et sa contribution au patrimoine national.
Pour l’élu, une Nation se construit aussi par la reconnaissance de celles et ceux qui ont, à leur manière, contribué à écrire les pages décisives de son histoire.
« Les peuples qui oublient leurs héros fragilisent leur mémoire collective. Nous avons le devoir de transmettre aux générations futures l’histoire de tous ceux qui ont participé, chacun à sa manière, à la conquête de notre dignité nationale. Ambroise Boimbo mérite pleinement cette reconnaissance », soutient-il.
En ce 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, l’appel du député national Célestin Engelemba dépasse ainsi le simple devoir de mémoire. Il s’inscrit dans une volonté de réconcilier la République avec toutes les facettes de son histoire, y compris celles incarnées par des citoyens ordinaires dont les gestes extraordinaires ont traversé le temps.

Soixante-six ans après cette journée historique du 29 juin 1960, l’image d’Ambroise Boimbo demeure gravée dans la mémoire du monde. Pour Célestin Engelemba, il appartient désormais à la République démocratique du Congo de faire en sorte que son nom trouve enfin la place qui lui revient dans le récit national.
Michel Kasanga