ven. Juin 5th, 2026

La République démocratique du Congo traverse l’un des moments les plus décisifs de son histoire récente. Entre guerre persistante dans l’Est, crise sociale, montée de la pauvreté, tensions politiques et débats explosifs sur l’avenir des institutions, la parole politique ne peut plus se limiter aux slogans ou aux calculs partisans. C’est dans ce contexte lourd de menaces et d’incertitudes que l’Honorable Jean-Claude Baende Etafe Eliko est monté au créneau, ce jeudi 04 juin, pour défendre une vision républicaine, lucide et assumée de l’avenir du pays.

S’exprimant en sa qualité d’opposant républicain et de Président National de l’Alliance des Démocrates Humanistes (ADH), tout en rappelant ses responsabilités institutionnelles comme Rapporteur adjoint du Sénat, Jean-Claude Baende a livré un discours qui tranche avec les radicalismes habituels de la scène politique congolaise. Face à une opinion publique souvent enfermée entre soutien aveugle et opposition systématique, le sénateur a choisi une ligne rare : reconnaître les avancées là où elles existent, dénoncer les dérives là où elles persistent et appeler à un sursaut national avant qu’il ne soit trop tard.

Jean-Claude Baende reconnaît sans détour que le pouvoir en place a réussi à imposer sur la scène internationale la question de l’agression dont la RDC est victime. Pour la première fois, le Président Félix Tshisekedi a publiquement désigné Paul Kagame comme principal instigateur de la déstabilisation de l’Est du Congo. Une rupture politique et diplomatique majeure que l’opposant considère comme un acte de courage politique.

Dans le même souffle, il rend hommage aux FARDC, aux Wazalendo et à tous les Congolais tombés sous les balles d’une guerre qui continue de saigner la nation. Car pendant que les discours politiques se multiplient à Kinshasa, des familles entières vivent encore dans la peur, le déplacement et la misère.

Mais au-delà du front sécuritaire, c’est surtout la fracture sociale qui inquiète. Le coût de la vie explose. Les jeunes diplômés errent sans emploi. La corruption continue de gangrener l’État. Les détournements des deniers publics deviennent presque banals. Dans les grandes villes, les embouteillages étouffent l’économie et détruisent la qualité de vie. Pendant ce temps, le phénomène Kuluna transforme certains quartiers en zones d’insécurité permanente.

Pour Jean-Claude Baende, ces réalités imposent une nouvelle manière de faire de la politique. Une opposition qui détruit systématiquement le pays pour conquérir le pouvoir ne vaut pas mieux qu’un pouvoir incapable de répondre aux attentes du peuple. L’heure n’est plus à la haine politique, mais à la responsabilité nationale.

C’est précisément dans cette logique qu’il assume pleinement le débat sur la réforme constitutionnelle, sujet hautement sensible devenu l’un des principaux champs de bataille politiques du moment. Là où beaucoup préfèrent les slogans faciles et les postures émotionnelles, Jean-Claude Baende appelle à un débat sérieux, républicain et débarrassé des manipulations.

Pour lui, aucune Constitution n’est sacrée au point d’être figée pour l’éternité. Il rappelle d’ailleurs que la Constitution congolaise du 18 février 2006 a déjà été révisée en 2011, notamment sur le mode d’élection du Président de la République, passé d’un scrutin à deux tours à un seul tour. À ses yeux, cette réalité suffit à démontrer qu’adapter les institutions aux exigences d’une époque n’a rien d’un crime politique ni d’une trahison démocratique.

Le Président National de l’ADH affirme ainsi que la vraie question n’est pas de savoir s’il faut toucher ou non à la Constitution, mais plutôt quels changements sont capables de renforcer la démocratie, l’unité nationale, la bonne gouvernance et l’efficacité de l’État congolais.

Le sénateur ose alors ouvrir des débats que beaucoup évitent par peur politique. Il remet sur la table la question de la double nationalité afin de réintégrer pleinement les Congolais de la diaspora dans la construction nationale. Pour lui, il est incohérent qu’un pays célèbre ses talents binationaux dans le sport, la culture ou les affaires tout en les excluant juridiquement de certaines responsabilités nationales.

Plus audacieux encore, Jean-Claude Baende propose le retour à l’appellation « Zaïre », estimant que la confusion permanente entre les deux Congo affaiblit l’identité internationale du pays. Une proposition symbolique, mais profondément politique, qui vise à redonner une identité forte, claire et assumée à la nation congolaise.

Il réclame également l’élection des gouverneurs et des sénateurs au suffrage universel direct afin de mettre fin aux soupçons de corruption qui entourent régulièrement les élections indirectes organisées dans les assemblées provinciales. Selon lui, cette réforme permettrait de renforcer la légitimité démocratique des dirigeants provinciaux et de rapprocher davantage les institutions des réalités vécues par les populations.

Derrière ces propositions se dessine une conviction profonde : la RDC ne pourra pas construire un État moderne avec des institutions affaiblies, une gouvernance contestée et une classe politique enfermée dans des querelles permanentes pendant que le pays affronte la guerre, la pauvreté et l’effondrement social.

Jean-Claude Baende lance ainsi un avertissement à toute la classe politique congolaise : continuer à manipuler les tensions internes et instrumentaliser les débats institutionnels pour des intérêts partisans revient à jouer dangereusement avec l’avenir même de la nation.

Dans un Congo fatigué des promesses sans lendemain, son discours tente d’imposer une autre voie : celle d’un patriotisme critique, capable de soutenir ce qui fonctionne, de corriger ce qui échoue et de préparer sans tabou les réformes nécessaires à la survie et à la refondation de l’État.

Car au fond, la vraie question n’est plus simplement de savoir s’il faut réformer certaines dispositions constitutionnelles. La vraie question est de savoir si la classe politique congolaise aura enfin le courage de construire un pays plus stable, plus juste, plus cohérent et plus fort que celui qu’elle a hérité.

Prince Muelela

By PR

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