ven. Juin 5th, 2026

Le débat autour de la proposition de loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Alors que certaines voix s’élèvent pour exprimer des inquiétudes sur l’opportunité de cette initiative, le député national Alfred Dibandi Nzondomyo monte au créneau pour en défendre la pertinence démocratique.

Réagissant notamment aux réserves émises par le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, l’élu de Libenge affirme que le référendum constitue l’un des mécanismes les plus légitimes permettant au peuple d’exercer directement sa souveraineté.

« Si je respecte profondément le parcours et la contribution du docteur Denis Mukwege au rayonnement de la République démocratique du Congo, je ne partage pas son analyse sur cette question », a-t-il déclaré.

Pour Alfred Dibandi Nzondomyo, la véritable menace pour la démocratie ne réside pas dans le recours au référendum, mais plutôt dans la privation des moyens permettant aux citoyens de s’exprimer directement sur les grandes orientations de la Nation.

Selon lui, la proposition de loi actuellement examinée à l’Assemblée nationale ne crée aucune crise institutionnelle. Elle vise plutôt à combler un vide juridique en donnant un cadre légal à une disposition déjà prévue par la Constitution.

« Notre Constitution consacre le principe selon lequel la souveraineté appartient au peuple et à lui seul. Elle prévoit également le recours au référendum comme mode d’expression de cette souveraineté », a-t-il souligné.

L’élu insiste également sur la responsabilité constitutionnelle du Parlement, rappelant que les députés ont été mandatés pour débattre, légiférer et donner effet aux dispositions constitutionnelles.

« Il est parfaitement légitime que les citoyens, les organisations de la société civile et les personnalités publiques expriment leurs opinions. Toutefois, il serait paradoxal de reconnaître à chacun le droit de s’adresser aux députés tout en contestant à ces derniers le droit d’examiner librement un texte de loi dans l’exercice de leur mandat », a-t-il fait observer.

Dans son argumentaire, Alfred Dibandi Nzondomyo s’interroge sur les conséquences qu’aurait une remise en cause du débat parlementaire autour de cette proposition de loi.

« Que devient le principe du suffrage universel lorsque l’on cherche à empêcher les représentants élus du peuple d’exercer leurs prérogatives ? Que devient la représentation nationale lorsque ceux qui portent la voix des citoyens sont sommés de renoncer au débat parlementaire ? », s’est-il interrogé.

Le député rappelle par ailleurs que l’article 5 de la Constitution consacre la souveraineté du peuple et prévoit explicitement le recours au référendum comme l’un des modes de son exercice.

Pour l’élu de Libenge, consulter directement les citoyens sur les questions d’intérêt national ne constitue pas un danger pour la démocratie. Au contraire, cette démarche renforcerait la légitimité des décisions publiques et consoliderait la participation citoyenne à la gestion de la chose publique.

Dans un contexte marqué par d’importants défis sécuritaires et institutionnels, Alfred Dibandi Nzondomyo estime que la RDC doit renforcer ses mécanismes démocratiques plutôt que restreindre les espaces d’expression populaire.

« Les grandes nations se construisent dans l’écoute de la volonté populaire et dans le respect du principe fondamental selon lequel toute autorité émane du peuple », a-t-il rappelé.

Et de conclure : « L’histoire retiendra que l’Assemblée nationale a eu le courage d’assumer son rôle constitutionnel, non pas pour imposer une opinion, mais pour permettre le débat ; non pas pour confisquer la parole du peuple, mais pour lui donner les moyens de s’exprimer. »

Michel Kasanga

By PR

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