Le transport fluvial congolais veut tourner la page de l’immobilisme. À travers la modernisation progressive de ses moyens d’intervention et le renforcement des opérations de balisage, la Régie des Voies Fluviales (RVF) entend jouer pleinement son rôle dans la sécurisation et la fluidification de la navigation sur l’ensemble du réseau hydrographique de la République démocratique du Congo.
C’est dans cette dynamique qu’est intervenue la réception de nouveaux équipements, notamment une baleinière métallique et une drague multifonctionnelle, après plusieurs décennies marquées par un déficit important en moyens techniques adaptés.
La cérémonie de réception de ces équipements a coïncidé avec le lancement de la campagne de balisage sur la rivière Kasaï, une opération essentielle pour améliorer la sécurité de la navigation et prévenir les incidents sur les voies navigables.
Présent à cette occasion, le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a accompagné cette nouvelle étape aux côtés des responsables de la RVF.
Pour le directeur général de la RVF, Daniel Lwaboshi, cette acquisition ne constitue pas une simple opération de renouvellement du matériel. Elle traduit une volonté de renforcer durablement les capacités techniques de l’institution afin de répondre aux défis du transport fluvial en RDC.
L’ambition affichée est sans équivoque : améliorer la qualité de la navigation, garantir une mobilité fluide et renforcer la sécurité sur l’ensemble du réseau hydrographique national.
Le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a ainsi insisté sur cette nécessité :
« Notre ambition ultime est claire : garantir la qualité, la mobilité fluide et sécurisée sur l’ensemble du réseau hydrographique national, afin de prévenir durablement les incidents et d’éradiquer les accidents de navigation. »
Le balisage apparaît ainsi comme un outil essentiel de prévention. Il permet de mieux identifier les chenaux navigables, de signaler les dangers et de faciliter la circulation des embarcations sur des cours d’eau dont l’importance économique et sociale est considérable.
La direction générale de la RVF inscrit cette dynamique dans la vision portée par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de la modernisation des infrastructures et des moyens de transport.
Daniel Lwaboshi et son équipe ont notamment rendu hommage au président de la République pour son engagement en faveur du développement du secteur fluvial.
« Nous tenons à rendre hommage à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, pour sa vision d’un réseau maritime, fluvial et lacustre véritablement opérationnel, considéré comme un boulevard naturel pour la mobilité collective », a déclaré le directeur général de la RVF, Daniel Lwaboshi.
Cette déclaration traduit une conception plus large du rôle des voies d’eau dans le développement national.
Avec son immense réseau hydrographique, la République démocratique du Congo dispose en effet d’un potentiel considérable pour assurer le déplacement des personnes et des marchandises entre différentes régions du pays.
Dans ce contexte, la mission de la RVF prend une dimension stratégique.
L’entretien et la modernisation des voies navigables, le balisage, l’amélioration des conditions de navigation et la prévention des accidents constituent autant de leviers susceptibles de contribuer à la relance du transport fluvial.
L’acquisition de nouveaux équipements doit permettre à la Régie de renforcer ses capacités opérationnelles sur le terrain et d’intervenir plus efficacement sur les cours d’eau relevant de son champ d’action.
Pour Daniel Lwaboshi, l’enjeu dépasse donc la seule question du matériel. Il s’agit de construire progressivement un système fluvial plus sûr, plus moderne et davantage intégré aux besoins économiques du pays.
Dans un pays où les distances sont importantes et où les infrastructures routières et ferroviaires ne permettent pas toujours d’assurer une desserte efficace de certaines zones, le transport fluvial demeure un instrument majeur de désenclavement.
La modernisation du secteur peut favoriser la circulation des produits agricoles, des marchandises et des personnes, tout en offrant une alternative aux autres modes de transport.
Le développement des voies navigables peut également contribuer à stimuler les échanges commerciaux et à renforcer l’intégration économique entre les différentes provinces.
C’est donc un véritable enjeu de développement national que la RVF entend accompagner à travers ses missions techniques et opérationnelles.
Michel Kasanga