sam. Juil 18th, 2026

Lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026 à l’Assemblée nationale, le député national Garry Sakata Moke Tawab a exprimé une vive opposition à plusieurs dispositions qu’il juge contraires à la loi, incohérentes sur le plan politique et préjudiciables au développement du pays.

Prenant la parole en plénière, l’élu a d’abord dénoncé le projet de transfert de 30 % des recettes du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN) au Fonds d’Intervention Stratégique (FIS). Selon lui, cette mesure viderait progressivement le FOMIN de sa substance et compromettrait sa raison d’être.

« En amputant le FOMIN de 30 % de ses recettes, on affaiblit un mécanisme conçu pour préserver les intérêts des générations futures. À terme, son existence n’aura plus de sens », a-t-il soutenu.

Le député a également rappelé que la Loi relative aux finances publiques (LOFIP) interdit le transfert des ressources d’un compte spécial vers un autre compte spécial. À ses yeux, faire passer des fonds du FOMIN vers le FIS constitue une violation manifeste de cette disposition légale.

« Il s’agit d’un transfert totalement illégal, car la LOFIP ne permet pas de déplacer les ressources d’un compte spécial vers un autre compte spécial », a-t-il insisté.

Dans le même élan, Garry Sakata Moke Tawab s’est opposé au transfert des ressources de l’Agence Nationale de Services Énergétiques en Milieux Rural et Périurbain (ANSER) au profit du FIS. Il estime que cette décision entre en contradiction avec la vision du Président de la République, qui fait de l’accès à l’électricité dans les milieux ruraux une priorité nationale.

Pour le parlementaire, réduire les moyens financiers de l’ANSER et de l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité (ARE) revient à fragiliser les politiques publiques destinées à accélérer l’électrification des zones rurales.

« Comment peut-on prétendre électrifier les milieux ruraux tout en diminuant les ressources des institutions chargées de réaliser cette mission ? Il y a un véritable manque de cohérence politique », a-t-il fait observer.

Le député national a enfin rejeté l’instauration d’une TVA de 5 % sur les billets des vols domestiques, estimant que cette mesure alourdirait davantage le coût du transport aérien intérieur, déjà jugé excessif par de nombreux Congolais.

Il s’est notamment interrogé sur le paradoxe des tarifs pratiqués sur certaines lignes nationales.

« Comment expliquer qu’un billet Kinshasa–Lubumbashi soit égal, voire supérieur, au prix d’un billet Kinshasa–Addis-Abeba ? Ajouter une nouvelle taxe ne fera qu’aggraver cette situation au détriment des citoyens », a dénoncé Garry Sakata.

À travers ces interventions, le député national appelle le Gouvernement et la représentation nationale à privilégier une gestion des finances publiques conforme à la loi, cohérente avec les priorités nationales et soucieuse du pouvoir d’achat des Congolais.

Michel Kasanga

By PR

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