La situation de l’épidémie de maladie à virus Ebola et la marche de la Coalition Article 64 (C64) ont dominé le briefing de presse animé mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Aux côtés du professeur Jean-Jacques Muyembe et du professeur Placide Mbala d’Africa CDC, le ministre a fait état de progrès dans la riposte contre Ebola, tout en appelant à ne pas relâcher la vigilance. Sur le front politique, il a dénoncé la circulation de faux communiqués autour de la marche de la C64 et réitéré l’appel du gouvernement au dialogue national.
Concernant Ebola, le professeur Jean-Jacques Muyembe a confirmé une évolution encourageante de la situation, particulièrement dans la province de l’Ituri, considérée comme l’un des principaux foyers de cette 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola. Selon les éléments présentés au cours du briefing, le pic de l’épidémie est désormais derrière nous dans plusieurs zones de santé, avec une amélioration progressive de certains indicateurs de la riposte.
Le suivi des contacts figure parmi les avancées enregistrées. Le taux, qui était inférieur à 40 % au début de la riposte, a progressé pour dépasser les 80 %. Les capacités de diagnostic ont également été renforcées avec l’augmentation du nombre de laboratoires opérationnels, désormais au nombre de 24 structures.
Mais cette évolution favorable ne signifie pas pour autant que l’épidémie est terminée. Le professeur Placide Mbala, directeur de la Recherche, des Essais cliniques et de l’Innovation à Africa CDC, a appelé à la prudence, soulignant que la tendance n’est pas uniforme dans toute la province de l’Ituri.
« On reste très prudent parce que nous avons pu mettre en place des mesures qui nous ont permis d’enregistrer ces différents progrès dans certaines zones de santé », a-t-il expliqué, relevant que certaines autres zones de santé connaissent encore une légère hausse de l’incidence.
Pour les autorités sanitaires, le maintien de la surveillance communautaire, le suivi des contacts et la détection rapide des cas restent donc essentiels pour consolider les acquis de la riposte. La vigilance demeure également de mise au Nord-Kivu, où la situation continue de nécessiter une attention particulière.
Le second volet du briefing a été consacré à la marche organisée mardi par la Coalition Article 64 dans plusieurs villes du pays contre tout projet de changement de la Constitution.
À Kinshasa, des militants de l’opposition se sont notamment rassemblés à l’Échangeur de Limete et à Bandalungwa. Dans plusieurs villes, dont Matadi, Lubumbashi, Kananga et Kisangani, des rassemblements ont été empêchés ou dispersés par les forces de l’ordre. À Kananga, notamment, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et procédé à plusieurs interpellations.
Réagissant à cette mobilisation, Patrick Muyaya a dénoncé la circulation de faux communiqués sur les réseaux sociaux, notamment ceux appelant les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école en raison de la manifestation.
« Vous aviez tous vu ces faux communiqués qui ont circulé hier pour dire que les enfants ne devaient pas aller à l’école », a déclaré le porte-parole du gouvernement, estimant que ces messages visaient à « semer la peur dans la tête des parents ».
Le ministre a également mis en cause certaines méthodes utilisées, selon lui, par des acteurs de l’opposition. Il les a notamment accusés de recourir à la manipulation et à la désinformation, allant jusqu’à établir une comparaison avec les méthodes qu’il attribue au Rwanda et au M23.
Sur le terrain, le gouvernement a fait état de plusieurs incidents, notamment à Lubumbashi et à Kinshasa, tout en saluant le comportement des forces de l’ordre face à ce qu’il a présenté comme des provocations et des tentatives de trouble à l’ordre public.
Au-delà des tensions suscitées par cette journée de mobilisation, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité de privilégier les voies de dialogue. Dans un contexte politique marqué par les débats sur l’avenir institutionnel du pays, le porte-parole du gouvernement a invité les différents acteurs politiques à rejoindre le processus de dialogue national initié par le président Félix Tshisekedi.
« La patrie nous interdit de nous déchirer », a-t-il rappelé, appelant les protagonistes de la scène politique à privilégier la discussion plutôt que la confrontation.
Le briefing du 15 septembre aura ainsi été marqué par deux messages majeurs du gouvernement : maintenir les efforts et la vigilance face à une épidémie d’Ebola dont l’évolution est jugée encourageante dans certaines zones, et privilégier le dialogue politique malgré les tensions apparues autour de la mobilisation de la C64.