En vacances parlementaires dans sa circonscription, l’honorable Geneviève Inagosi Kassongo, députée nationale élue de Wamba, a choisi de se rendre au plus près de ses électeurs pour écouter, constater et porter leur voix au-delà des murs de l’hémicycle. Dans un contexte marqué à la fois par la progression de la maladie à virus Ebola et une insécurité grandissante, l’élue de Wamba entend faire de sa présence sur le terrain un acte concret de solidarité et de plaidoyer.
Loin du confort de Kinshasa et des contraintes du travail parlementaire à distance, Geneviève Inagosi a effectué une véritable descente au cœur de sa circonscription. Elle a notamment rencontré les chefs de chefferies et chefs de groupements, considérés comme des relais essentiels auprès des communautés locales, afin de recueillir leurs préoccupations et de mieux cerner les réalités auxquelles sont confrontées les populations.

Cette présence revêt une dimension particulière dans une province où la situation sanitaire devient de plus en plus préoccupante.
Face à Ebola, l’élue refuse de rester loin de ses électeurs
La maladie à virus Ebola constitue aujourd’hui l’une des principales préoccupations de l’élue de Wamba. Malgré les risques liés à cette épidémie, Geneviève Inagosi n’a pas renoncé à se rendre auprès de sa population.
Pour elle, les vacances parlementaires ne peuvent être réduites à une simple période de repos. Elles doivent permettre aux élus de retourner dans leurs bases, d’écouter les populations et de mesurer eux-mêmes l’ampleur des difficultés auxquelles elles sont confrontées.
Son séjour dans le Haut-Uélé s’inscrit également dans la dynamique souhaitée par le gouverneur de province, Jean Bakomito Gambu, qui appelle les élus nationaux et les autorités provinciales à conjuguer leurs efforts afin de favoriser une meilleure appropriation communautaire de la lutte contre Ebola.
Sur le terrain, la députée constate cependant que la riposte demeure confrontée à de nombreuses résistances, aux rumeurs et à la désinformation. Elle estime que la présence des responsables politiques et institutionnels auprès des communautés peut contribuer à restaurer la confiance, expliquer les enjeux et encourager la population à s’impliquer davantage dans la lutte contre la maladie.
La situation sanitaire est particulièrement alarmante. Sur les 13 zones de santé que compte la province du Haut-Uélé, six sont déjà touchées. Dans le territoire de Wamba, les zones de santé de Pawa, Wamba et Bamamangwetu sont concernées.

À Pawa, l’ampleur du drame interpelle particulièrement : sur 19 cas confirmés, 17 personnes sont décédées, selon les données communiquées par l’élue. Une situation qui, à ses yeux, devrait provoquer une mobilisation générale et immédiate.
« La riposte ne peut pas se faire uniquement à partir de Kinshasa »
Geneviève Inagosi dénonce également ce qu’elle considère comme l’insuffisance des moyens déployés sur le terrain. Elle s’inquiète notamment de l’absence, jusque-là, d’un centre de traitement répondant aux normes dans la province du Haut-Uélé.
Elle regrette par ailleurs que certaines annonces de financement et de soutien des partenaires techniques et financiers ne se traduisent pas suffisamment par des actions visibles dans les communautés affectées.
La députée rappelle notamment les engagements annoncés par l’Organisation mondiale de la Santé pour la construction de hangars, dont certains seraient restés inachevés.
Cette situation, déplore-t-elle, contribue à exposer davantage les prestataires de santé et les autorités coutumières, parfois accusés à tort de tirer profit de la situation, alors qu’ils se retrouvent en première ligne face à une population inquiète et aux besoins immenses.
Pour Geneviève Inagosi, le temps des promesses doit céder la place à celui des actions concrètes.
Elle sollicite ainsi l’implication personnelle du Président de la République, en sa qualité de numéro un de la Task Force nationale de lutte contre Ebola, afin que des moyens conséquents soient rapidement disponibilisés pour renforcer la riposte dans le Haut-Uélé.
Elle appelle également la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à effectuer une descente dans la province, tout comme le ministre de la Santé, afin que les autorités nationales puissent apprécier directement la situation.
Pour l’élue de Wamba, la lutte contre Ebola ne peut être conduite efficacement depuis Kinshasa uniquement. Elle doit être pensée et exécutée au cœur des communautés touchées, avec les acteurs locaux et au regard des réalités du terrain.
L’insécurité, autre plaie ouverte du territoire de Wamba
À cette urgence sanitaire s’ajoute une situation sécuritaire qui continue de plonger de nombreuses familles dans l’angoisse.
Au cours de ses échanges avec les autorités coutumières, Geneviève Inagosi a recueilli plusieurs témoignages faisant état de violences, d’enlèvements et d’attaques contre les populations.
Elle évoque notamment le cas du chef du groupement de Bedegao, au centre de Matchinga, présenté comme ayant été lâchement abattu. Le chef Mamboli, selon les informations rapportées par l’élue, aurait été tué avec certains de ses enfants. Plus d’une vingtaine de personnes auraient également été enfermées et prises pour cible lors d’une attaque.
À ces faits s’ajoutent, selon elle, plusieurs cas d’enlèvements d’enfants, de femmes et de jeunes.
Les conséquences sociales et économiques de cette insécurité sont lourdes : déplacements des populations, abandon des champs, peur permanente et ralentissement du développement local.
Une réalité que l’élue de Wamba affirme avoir déjà portée devant l’Assemblée nationale à travers plusieurs motions d’information adressées au Bureau, afin d’alerter le Gouvernement central sur la situation sécuritaire dans le Haut-Uélé.
Elle en appelle désormais à une réaction plus énergique des Vice-Premiers ministres en charge de l’Intérieur et de la Défense, afin de renforcer la présence de l’État et de garantir la protection des populations.
Écouter avant de plaider
Au-delà des chiffres, des alertes et des revendications, la démarche de Geneviève Inagosi se veut avant tout celle d’une élue qui entend écouter avant de plaider.
Face aux chefs coutumiers, elle a défendu une approche fondée sur la proximité et la participation communautaire. Selon elle, les solutions aux problèmes de Wamba ne peuvent être conçues uniquement depuis Kinshasa, sans tenir compte de ceux qui vivent quotidiennement les réalités du territoire.
« Mon rôle pendant les plénières est de porter votre voix à Kinshasa. Mon rôle pendant les vacances parlementaires est de venir palper moi-même vos réalités pour que mon plaidoyer soit encore plus fort et vrai », a-t-elle déclaré devant les autorités coutumières.»
Une philosophie qui résume sa démarche : être présente lorsque la population traverse des moments difficiles, partager ses inquiétudes et transformer les témoignages recueillis sur le terrain en actions de plaidoyer auprès des institutions nationales.
En choisissant de se rendre à Wamba alors que la maladie à virus Ebola impose des précautions et que l’insécurité inquiète les populations, Geneviève Inagosi veut ainsi démontrer que le mandat parlementaire ne se limite pas aux interventions en plénière.
Il se vit également auprès des électeurs, dans les villages, aux côtés des chefs coutumiers, des familles et des communautés confrontées aux crises.
De Wamba à Kinshasa, son message se veut désormais sans ambiguïté : le Haut-Uélé ne doit pas être oublié. Face à Ebola comme face à l’insécurité, l’élue appelle l’État, les partenaires et l’ensemble des forces vives à passer de l’alerte à l’action, afin de protéger les vies, rassurer les populations et permettre à cette province de poursuivre son développement dans la paix et la dignité.

Michel Kasanga | Aucoeurduparlement.net