mar. Sep 1st, 2026

Un an après sa prise de fonctions à la tête du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo revendique une méthode fondée sur deux impératifs : répondre aux urgences du quotidien tout en posant les bases des réformes structurelles capables de transformer durablement le secteur.

Nommé le 13 août 2025, l’homme entend ainsi replacer l’eau et l’électricité au cœur de la bataille du développement de la République démocratique du Congo. Une ambition qui part d’un constat difficile à ignorer : malgré ses immenses ressources hydriques et son potentiel hydroélectrique estimé à 167 000 MW, le pays reste confronté à un accès insuffisant à l’eau potable et à l’électricité.

Pour Aimé Sakombi Molendo, cette contradiction ne peut plus être considérée comme une fatalité. L’enjeu consiste désormais à transformer les richesses naturelles du pays en services publics, en opportunités économiques et en amélioration concrète des conditions de vie des Congolais.

Dans le secteur de l’eau, l’un des principaux acquis mis en avant est l’adoption, le 26 décembre 2025, de la Politique nationale du service public de l’eau. Cette réforme doit permettre de mieux encadrer les interventions et de donner une cohérence nouvelle aux différents acteurs du secteur.

Le processus de mise en place de l’Autorité de régulation du service public de l’eau, ARSPE, constitue un autre volet de cette réforme. L’objectif affiché est d’instaurer un cadre plus transparent et plus sécurisé pour les investissements, tout en améliorant la qualité du service offert aux usagers.

À Kinshasa, l’action du ministère s’appuie notamment sur l’extension de l’usine de traitement d’eau à l’ozone. Le projet doit porter la capacité totale à 330 000 mètres cubes par jour, avec l’ambition d’améliorer l’approvisionnement de plus de six millions d’habitants dans dix communes de la capitale.

La démarche dépasse toutefois Kinshasa. À Kananga et Tshikapa, les procédures d’attribution des marchés sont engagées, tandis que le processus de création progressive des régies provinciales du service public de l’eau est lancé.

Sur le front de l’électricité, la méthode affichée par Molendo repose également sur la remise en service des infrastructures déjà disponibles.

Le ministère s’est notamment penché sur 22 centrales rurales achevées mais jusque-là inexploitées. Les modalités de leur exploitation ont été fixées et seize d’entre elles ont été mises en service à titre transitoire en décembre 2025, dont deux en partenariat avec la SNEL.

Une approche qui traduit une volonté de privilégier les résultats immédiatement perceptibles. Derrière chaque centrale remise en fonctionnement se trouvent des écoles, des centres de santé, des ateliers et des activités économiques susceptibles de retrouver une capacité de fonctionnement accrue.

Sur les grands projets énergétiques, le ministère entend également passer des dossiers aux chantiers.

Le projet hydroélectrique de Kakobola, destiné notamment à alimenter Kikwit, Gungu et Idiofa, a été inauguré après plusieurs années de retard. Pour Katende, un dispositif de sécurisation institutionnelle et financière doit permettre la reprise progressive des travaux.

À Kinshasa, face à la dégradation du réseau électrique, un plan d’urgence de 91,89 millions de dollars a été lancé avec la SNEL. Il prévoit notamment le raccordement de nouvelles zones, la réparation des réseaux de moyenne tension, la sécurisation des sites stratégiques ainsi que le renforcement des lignes critiques.

L’enjeu est également industriel. Dans le Lualaba et le Haut-Katanga, où le déficit énergétique dépasse 2 000 MW selon la tribune, l’insuffisance de l’électricité constitue un frein majeur à la transformation locale du cuivre et du cobalt et, plus largement, à l’ambition d’industrialisation de la RDC.

Mais au-delà de cette première année, Aimé Sakombi Molendo veut inscrire son action dans une perspective beaucoup plus large.

Grand Inga reste au centre de cette vision. Le potentiel de Grand Inga est estimé à 44 000 MW. La Banque mondiale a approuvé un financement de 250 millions de dollars pour la première phase du programme de développement d’Inga III, alors que des discussions se poursuivent avec l’Afrique du Sud et la SADC autour des contrats d’achat d’électricité.

Le projet Pioka-Tombe, estimé à 6 450 MW, est également présenté comme un levier complémentaire à Inga. En février 2026, un protocole d’accord portant sur 2 000 MW a notamment été signé avec la République du Congo.

À terme, l’ambition affichée est claire : faire de la RDC un pivot énergétique régional et, progressivement, un exportateur net d’électricité.

Pour Molendo, cette première année ne constitue donc ni un aboutissement ni un satisfecit. Elle se veut une année de fondations.

Le pari est de mener simultanément la bataille de l’urgence et celle de la réforme : réparer ce qui peut l’être immédiatement, remettre en service les infrastructures disponibles, accélérer les grands projets et installer les mécanismes institutionnels, financiers et techniques nécessaires à la transformation du secteur.

Car derrière les barrages, les centrales, les réseaux, les réformes et les investissements, la finalité reste la même : faire en sorte que les ressources de la RDC produisent enfin des effets tangibles dans la vie quotidienne.

L’eau au robinet. L’électricité dans les foyers. L’énergie dans les usines.

C’est sur cette réalité concrète que le bilan de Molendo entend désormais se mesurer : moins à ce qui a été annoncé qu’à ce qui coulera des robinets, s’allumera dans les maisons et fera tourner les machines.

Rédaction

By PR

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