sam. Mai 9th, 2026

La séance plénière de ce vendredi 08 mai 2026 à l’Assemblée nationale aura été marquée par une vive interpellation du Directeur Général de Trans Academia, dans un contexte de profond malaise autour de cette entreprise publique censée faciliter le transport des étudiants congolais.

Au cours de la question orale avec débat initiée par l’Honorable André Mushongo Mashara, plusieurs députés sont montés au créneau pour dénoncer la dégradation continue des services de Trans Academia. Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de l’Honorable Kasanda Kadiesa Serkas, élu de Miabi, dans la province du Kasaï-Oriental.

Dans une prise de parole ferme et sans détour, le député a dressé un constat alarmant de la gestion actuelle de cette société publique : bus immobilisés, salaires impayés, absence de vision stratégique et exclusion de plusieurs provinces du pays dans la répartition des bus.

Le cri d’alarme du Kasaï-Oriental

C’est surtout sur la situation du Kasaï-Oriental que l’intervention du député Serkas a retenu l’attention de l’hémicycle.

S’adressant directement au Directeur Général de Trans Academia, l’élu de Miabi a dénoncé ce qu’il considère comme une marginalisation injustifiable de sa province, pourtant dotée d’infrastructures universitaires modernes nécessitant un système de transport adapté pour les étudiants.

« Plusieurs autorités locales ont écrit pour solliciter l’arrivée des bus Trans Academia au Kasaï-Oriental, mais elles n’ont jamais reçu le moindre accusé de réception », a-t-il regretté devant la représentation nationale.

Le député a notamment évoqué les difficultés quotidiennes vécues par les étudiants de sa circonscription de Miabi, contraints de parcourir de longues distances à pied pour accéder aux établissements d’enseignement supérieur.

Selon lui, pendant que Kinshasa concentre l’essentiel du charroi roulant, plusieurs provinces restent totalement oubliées par Trans Academia, accentuant davantage les inégalités territoriales dans l’accès aux services publics.

« Quelle est la clé de répartition des bus ? »

Dans un ton particulièrement incisif, l’Honorable Serkas a exigé du Directeur Général des explications claires sur les critères de répartition des bus à travers le pays.

« Qu’il dise ici, devant la représentation nationale, quelle est la clé de répartition des bus Trans Academia par province », a-t-il martelé.

Pour l’élu du Kasaï-Oriental, l’absence de Trans Academia dans plusieurs villes universitaires du pays traduit un échec manifeste de la mission nationale assignée à cette entreprise publique.

Une demande de démission qui secoue l’hémicycle

Mais le moment le plus fort de son intervention reste sans doute son appel direct à la démission du Directeur Général de Trans Academia.

« Si le Directeur Général estime qu’il n’est pas capable de gérer cette société, qu’il présente sa démission », a lancé l’Honorable Serkas sous des applaudissements nourris dans plusieurs rangs de l’Assemblée.

Une sortie qui illustre l’exaspération grandissante de nombreux élus face à la crise qui frappe Trans Academia, aujourd’hui confrontée à des accusations de mauvaise gestion, d’inefficacité opérationnelle et d’abandon des étudiants.

Trans Academia, symbole d’un service public en détresse

Créée pour répondre aux difficultés de mobilité des étudiants congolais, Trans Academia peine aujourd’hui à convaincre. Entre bus en panne, desserte insuffisante, agents impayés et absence d’expansion vers les provinces, l’entreprise est de plus en plus perçue comme le symbole des dysfonctionnements du service public.

À travers son intervention, l’Honorable Serkas Kasanda Kadiesa aura surtout porté la voix d’une jeunesse estudiantine du Kasaï-Oriental qui réclame non pas des promesses, mais des actions concrètes et une véritable équité nationale dans l’accès aux services publics de transport.

Michel Kasanga

By PR

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *