jeu. Avr 30th, 2026

La Coalition de la Gauche Congolaise (CGC) hausse le ton face au pouvoir du président Félix Tshisekedi. Dans un communiqué signé par son coordonnateur exécutif national, Jean-Marie Elesse Bokokoma, cette plateforme de l’opposition que dirige Jean-Marc Kabund met en garde contre toute tentative de « marchandage politique de la guerre » visant, selon elle, à créer les conditions d’un glissement du calendrier électoral.

Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo, sur fond de crispations politiques autour de la gouvernance et du respect des échéances constitutionnelles. La CGC accuse le pouvoir en place de chercher à instrumentaliser la crise sécuritaire pour justifier un éventuel report des élections, une option qu’elle juge lourde de conséquences pour la stabilité du pays.

Dans son communiqué, la coalition pointe également la gestion de la situation sécuritaire, notamment face aux exactions attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Elle s’interroge sur l’efficacité des opérations militaires conjointes impliquant les forces congolaises, ougandaises et les forces onusiennes, estimant qu’elles peinent à enrayer durablement l’action des groupes armés.

Sur le plan politique, la CGC déplore par ailleurs ce qu’elle qualifie de « sortie de contexte » de certains extraits du discours prononcé par Jean-Marc Kabund lors de l’anniversaire de son parti, l’Alliance pour le Changement. Elle affirme que cette intervention visait avant tout à alerter sur les défaillances de la gouvernance publique et les urgences sociales auxquelles fait face la population.

Plus largement, la plateforme dresse un constat sévère de la situation du pays, dénonçant une gouvernance « défaillante sur tous les plans », qu’elle accuse d’exposer les citoyens à la pauvreté et le pays à des risques accrus d’instabilité. Elle appelle à un recentrage des priorités de l’action publique sur la sécurité, la transparence dans la gestion des finances publiques et le respect strict de la Constitution.

En conclusion, la CGC affirme qu’elle ne « laissera pas libre passage » à toute initiative visant, selon elle, à prolonger le pouvoir en place par des moyens jugés illégitimes. Elle appelle la population congolaise à la vigilance et à la mobilisation pour défendre l’ordre démocratique et empêcher ce qu’elle qualifie de dérive politique.

Cette prise de position s’inscrit dans une nouvelle phase de tensions entre pouvoir et opposition, alors que le climat politique reste marqué par des incertitudes croissantes à l’approche des prochaines échéances électorales.

Prince Muelela

By PR

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