Le Réseau des femmes parlementaires (REFEPA) a fermement condamné des propos qualifiés d’« outrageants, injurieux et inacceptables » visant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, appelant à l’ouverture de poursuites judiciaires contre leurs auteurs ainsi qu’à la présentation d’excuses publiques immédiates.

Dans une déclaration officielle, les députées nationales estiment que ces propos ne relèvent ni du débat démocratique, ni de la liberté d’expression, mais constituent plutôt un « dérapage grave » portant atteinte à la dignité humaine. Elles rappellent que la liberté d’expression ne saurait être utilisée pour justifier des attaques humiliantes ou dégradantes.
Au-delà de la personne de la cheffe du gouvernement, le REFEPA considère que ces attaques visent l’ensemble des femmes congolaises, en particulier celles occupant des fonctions de responsabilité. Pour les élues, s’en prendre à une femme d’État revient à fragiliser la place de la femme dans l’espace public.
S’appuyant sur la Constitution de la République démocratique du Congo, qui garantit l’égalité en dignité de tous les citoyens, ainsi que sur la loi n°15/013 du 1er août 2015 relative aux droits de la femme et à la parité, les parlementaires soulignent que de tels propos violent les principes fondamentaux encadrant la liberté d’expression.

Les femmes parlementaires exhortent ainsi les autorités compétentes à appliquer la loi avec rigueur, estimant que la lutte contre les violences verbales, notamment à l’égard des femmes en politique, doit être une priorité.
Elles appellent également les acteurs politiques, leaders d’opinion et citoyens à faire preuve de responsabilité, en privilégiant un débat public respectueux, fondé sur l’éthique et la retenue.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une inquiétude croissante face à la banalisation des discours injurieux dans l’espace public, malgré les avancées juridiques en matière de protection des droits des femmes.
Prince Muelela