sam. Oct 31st, 2026

Dans une tribune au ton incisif, Steve Mbikayi Mabuluki voit dans le dossier des frais académiques et des frais connexes de l’enseignement supérieur une démonstration de la capacité de l’Assemblée nationale à exercer son contrôle, y compris sur les membres de sa propre famille politique. Mais pour l’ancien ministre, le véritable test commence maintenant : l’exécutif donnera-t-il une suite concrète aux recommandations de la représentation nationale ?

Le contrôle parlementaire peut-il s’imposer comme un véritable instrument de redevabilité, même lorsque les responsabilités concernent des personnalités issues de la majorité au pouvoir ? C’est tout l’enjeu soulevé par Steve Mbikayi Mabuluki dans sa tribune intitulée « Contrôle parlementaire : la preuve par l’enseignement supérieur », en écho à la carte blanche n° 332 du 27 octobre 2026.

À travers une analyse à la fois politique et institutionnelle, l’auteur salue le travail accompli par l’Assemblée nationale dans l’examen de la gestion des frais académiques et des frais connexes. Une enquête a été menée, la ministre concernée a été entendue, un rapport a été établi et la plénière a recommandé des sanctions.

Pour Steve Mbikayi, cette séquence démontre que le contrôle parlementaire ne doit pas être réduit à une formalité destinée à alimenter le calendrier des travaux législatifs. Il peut, au contraire, devenir un mécanisme effectif de surveillance de l’action gouvernementale et de correction des dysfonctionnements.

La majorité face à ses responsabilités

L’un des aspects les plus politiques de cette tribune réside dans le fait que, selon l’auteur, l’initiative est venue de la majorité elle-même et que cette dernière a également voté les recommandations issues du processus.

Ce détail n’est pas anodin. Dans un environnement politique où la solidarité de famille peut parfois être perçue comme un rempart contre la mise en cause des responsabilités, Steve Mbikayi défend une autre conception de la loyauté politique : celle qui accepte l’examen des faits et ne confond pas appartenance à la majorité et immunité politique.

La démarche suivie — entendre la personne concernée, établir les faits et tirer les conséquences — est présentée comme une exigence de méthode et de discipline institutionnelle.

En filigrane, le message est clair : une majorité politique crédible ne se mesure pas uniquement à sa capacité de soutenir le gouvernement ou de défendre le chef de l’État. Elle se juge également à sa disposition à reconnaître les dysfonctionnements et à exiger des comptes lorsque l’intérêt public l’impose.

Du rapport parlementaire à l’épreuve de l’exécutif

Si l’Assemblée nationale a franchi une étape importante, Steve Mbikayi estime toutefois que le processus ne saurait s’arrêter au vote des recommandations.

Le véritable enjeu se situe désormais du côté de l’exécutif, appelé à donner une suite aux conclusions de la représentation nationale. Car, dans la logique défendue par l’auteur, un contrôle parlementaire qui ne débouche sur aucune mesure concrète risque de perdre sa portée et de fragiliser la crédibilité de l’institution qui l’a exercé.

La question dépasse donc le seul secteur de l’enseignement supérieur. Elle touche au rapport entre les institutions, à l’autorité des décisions parlementaires et à la capacité de l’État à traduire les conclusions de ses mécanismes de contrôle en actes.

Le Parlement a formulé ses recommandations ; l’exécutif est désormais attendu sur leur mise en œuvre. C’est à ce niveau que se jouera, en définitive, la portée réelle de cette séquence politique.

Une majorité exigeante, un pouvoir renforcé ?

La conclusion de Steve Mbikayi porte une dimension politique supplémentaire. Contrairement à une lecture qui assimilerait toute critique ou toute exigence de responsabilité à une fragilisation du pouvoir, l’auteur soutient qu’une majorité capable de se contrôler elle-même contribue à renforcer la crédibilité du chef de l’État.

Cette position remet au centre du débat une question essentielle de gouvernance : la fidélité politique doit-elle conduire à protéger les siens ou à défendre les principes qui fondent l’action publique ?

Pour Steve Mbikayi, la réponse semble sans équivoque. Une majorité qui exige des comptes à ses propres membres ne trahit pas le chef de l’État ; elle consolide plutôt la confiance dans les institutions et dans la parole publique.

Reste maintenant à vérifier si cette exigence survivra à l’épreuve de l’application. Car entre une recommandation votée en plénière et une sanction effectivement mise en œuvre, se joue toute la différence entre un contrôle parlementaire de principe et un contrôle parlementaire qui produit des résultats.

Le contrôle a fonctionné. La suite appartient désormais à l’exécutif. C’est, au fond, le message politique central de cette tribune : la crédibilité du pouvoir ne se construit pas seulement dans la défense de ses acquis, mais aussi dans sa capacité à donner des suites aux exigences de responsabilité portées par ses propres institutions.

Source : Tribune de Steve Mbikayi Mabuluki, « Contrôle parlementaire : la preuve par l’enseignement supérieur », en référence à la carte blanche n° 332 du 27 octobre 2026.

Par Michel Kasanga

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