mer. Juin 17th, 2026

Alors que l’interpellation du Vice-Premier ministre Jean-Pierre Lihau par le député national Antoine Nzangi Ngelengbi visait à faire toute la lumière sur le dossier des matricules chevauchés, l’attitude de certains élus du Nord-Ubangi soulève des interrogations sur leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale et leur fidélité aux préoccupations de leurs électeurs.

Présentée par certains comme une démonstration d’efficacité gouvernementale, la réponse du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, à l’interpellation du député national Antoine Nzangi Ngelengbi sur le dossier du chevauchement des matricules des agents du Nord-Ubangi continue de susciter des interrogations au sein de la classe politique et des bénéficiaires concernés.

Lors de la plénière du 13 juin dernier à l’Assemblée nationale, le patron de la Fonction publique a détaillé plusieurs mesures engagées par son ministère pour corriger ce qu’il qualifie lui-même d’« incongruités administratives » héritées des années antérieures. Voyage à Gbadolite, consultations avec les agents concernés, signature d’un arrêté de régularisation et préparation de plus de 1 400 notifications individuelles : autant d’actions mises en avant pour démontrer la prise en charge du problème.

Cependant, plusieurs observateurs estiment que cette communication gouvernementale ne répond pas totalement aux préoccupations soulevées par l’initiative parlementaire de l’honorable Antoine Nzangi Ngelengbi. Pour ces derniers, l’enjeu ne réside pas seulement dans l’annonce des mesures administratives, mais dans leur application effective et dans les garanties offertes aux agents dont les carrières ont été affectées durant plusieurs années.

Selon des sources parlementaires contactées par AuCoeurduParlement.net, certains députés nationaux du Nord-Ubangi auraient adopté une posture de défense du ministre plutôt qu’une attitude de contrôle institutionnel pourtant reconnue comme l’une des missions fondamentales du Parlement. Cette situation suscite des critiques au sein de l’opinion provinciale où plusieurs voix s’interrogent sur le rôle réel que doivent jouer les élus face aux préoccupations de leurs électeurs.

« Le contrôle parlementaire ne devrait jamais être perçu comme une hostilité envers le Gouvernement. Il s’agit d’un mécanisme constitutionnel destiné à garantir la transparence de l’action publique », explique un analyste des questions institutionnelles interrogé par notre rédaction.

Pour de nombreux observateurs, l’interpellation initiée par Antoine Nzangi Ngelengbi visait précisément à obtenir des réponses officielles sur un dossier qui touche directement les droits administratifs et pécuniaires de milliers d’agents publics du Nord-Ubangi. Dans ce contexte, toute tentative de discréditer ou de minimiser cette démarche parlementaire serait interprétée comme un affaiblissement du rôle de contrôle dévolu aux députés nationaux.

La controverse révèle également une fracture au sein de la représentation nationale du Nord-Ubangi. D’un côté, ceux qui considèrent que les annonces du Gouvernement constituent une avancée significative ; de l’autre, ceux qui estiment que le combat parlementaire doit se poursuivre jusqu’à la régularisation complète de tous les dossiers concernés et à la réparation effective des préjudices subis.

Au-delà du débat politique, une question demeure : les solutions annoncées par le ministère de la Fonction publique permettront-elles réellement de restaurer l’ensemble des droits des agents victimes du chevauchement des matricules ? Tant que les notifications individuelles ne seront pas effectivement délivrées et que la situation administrative de tous les concernés ne sera pas définitivement sécurisée, le dossier risque de continuer à alimenter les débats au Parlement comme au sein de la population du Nord-Ubangi.

Une chose est certaine : cette affaire rappelle que les élus nationaux sont avant tout comptables devant le peuple qui les a mandatés. Dans une démocratie, leur rôle n’est pas seulement d’accompagner l’action gouvernementale, mais également d’en assurer le contrôle rigoureux lorsque l’intérêt des citoyens l’exige.

La rédaction | AuCoeurduParlement.net

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