ven. Fév 6th, 2026

La ministre d’État chargée des Affaires sociales, Ève Bazaïba Masudi, a dénoncé samedi 17 janvier le comportement belliciste du Rwanda et de ses supplétifs de l’AFC/M23.

Lors d’un briefing de presse le samedi 17 janvier 2026 coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, elle a accusé la rébellion d’avoir semé la confusion dans le camp de Busuma, à Ruhigi, en demandant aux réfugiés de regagner Uvira, sous prétexte que la paix y serait rétablie.

Selon elle, les rebelles ont même écrit au Président burundais et au HCR pour affirmer que les Congolais pouvaient retourner dans la ville stratégique.

« Ces agissements surviennent alors que les réfugiés ont exprimé leur désir de rentrer chez eux. Pourtant, il ne peut s’agir que d’une manipulation », a déclaré Ève Bazaïba.

Cette déclaration intervient au lendemain de son retour d’une mission humanitaire au Burundi et en Tanzanie, pays qui accueillent des milliers de Congolais ayant fui les combats à Uvira et dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu.

La chute de cette ville stratégique a renforcé l’influence de la rébellion et aggravé la crise humanitaire.

Des chiffres alarmants
Selon la ministre, environ 250 000 Congolais sont actuellement au Burundi, répartis sur sept sites. Le plus grand, Busuma, abrite 67 000 réfugiés, dont 30 000 enfants et 2 200 enfants non accompagnés âgés de 3 à 18 ans.
En Tanzanie, 87 000 réfugiés ont trouvé abri, dont 50 000 enfants, dans des conditions précaires et en rupture scolaire.

Plusieurs vagues ont été enregistrées depuis le début des hostilités, la plus récente comptant près de 10 000 personnes.
Ève Bazaïba a souligné la pénurie de financements humanitaires internationaux, qui oblige les pays d’accueil à prendre en charge une grande partie de l’aide.

Malgré ses propres difficultés, la RDC reste le principal contributeur pour ses ressortissants, distribuant vivres et non-vivres directement dans les camps.

« C’est une tragédie humaine. Nos compatriotes n’ont pas fui la misère, mais la violence et l’agression rwandaise », a insisté la ministre, rappelant qu’il s’agissait d’une situation exceptionnelle nécessitant une intervention directe du gouvernement congolais.
Appel à la solidarité nationale
Saluant la résilience des réfugiés et leur attachement à la mère patrie, Ève Bazaïba a lancé un appel à la solidarité :

« Soyons des soldats de l’« armée numérique » et de la nation. La RDC a le devoir de soulager la souffrance de sa population, même au-delà de ses frontières. Aidons nos compatriotes à l’intérieur et à l’extérieur du pays. »

Contexte sécuritaire
Cette crise intervient alors que l’AFC/M23 a annoncé son retrait d’Uvira, une décision jugée par Kinshasa comme une manœuvre destinée à réduire la pression internationale sur Kigali.

Sur le terrain, la rébellion continue ses avancées, instaurant une administration parallèle échappant au contrôle du gouvernement congolais.

La ville stratégique d’Uvira reste un point clé pour l’accès au Grand Katanga, considéré comme le poumon économique de la RDC.

Prince Muelela

By PR

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