Le territoire de Budjala, dans la province du Sud-Ubangi, vit depuis plusieurs semaines au rythme d’une profonde indignation au sein du corps enseignant. À l’origine : le détournement des salaires des mois de juin et juillet, un acte qui a plongé des centaines de familles dans l’incompréhension et la détresse. Face à la crise grandissante, le député national Jean-Jacques Mbungani Mbanda a pris la parole pour exprimer sa solidarité et révéler des avancées significatives obtenues auprès du Gouvernement central.
Dans un message rendu public le 27 novembre depuis Kinshasa, l’élu de Budjala a tenu à rappeler la gravité de la situation, dénonçant un « vol injuste et inacceptable » ayant porté un coup direct à la dignité et à la stabilité sociale des enseignants. « Je mesure pleinement l’ampleur du préjudice moral, social et économique causé à vos familles et à votre engagement professionnel », écrit le député, saluant la résilience d’un corps professionnel déjà éprouvé par les défis structurels du secteur éducatif.
Dès les premiers signaux d’alerte, Jean-Jacques Mbungani affirme avoir initié une série de démarches urgentes pour obtenir des réponses rapides des autorités. Il dit avoir saisi le ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement ainsi que la ministre d’État à l’Éducation nationale et à la Nouvelle Citoyenneté. Objectif : « porter la voix de Budjala » et exiger des solutions immédiates.
Ces démarches semblent progresser. Selon le député, le Gouvernement se montre « sensible à la détresse » des enseignants et examine actuellement la possibilité d’un décaissement d’urgence pour rembourser intégralement les salaires détournés. Les ressources devraient être prélevées sur les lignes budgétaires réservées aux interventions exceptionnelles, une procédure recommandée par la ministre d’État en charge de l’Éducation.
Cette perspective constitue, pour les enseignants, la première véritable lueur d’espoir depuis le début de l’affaire.
La tension est restée vive au sein des écoles du territoire, où plusieurs établissements ont observé une grève pour protester contre le détournement. Si le député reconnaît la légitimité de cette colère collective, il invite cependant les enseignants à accueillir les avancées actuelles « avec sérénité » et à envisager la suspension du mouvement de grève.
« Dans l’intérêt supérieur de nos enfants, qui ont plus que jamais besoin de votre encadrement et de votre savoir », appelle-t-il, soulignant que la crise ne doit pas priver davantage les élèves du droit à l’éducation, déjà fragilisé en milieu rural.
Au-delà du remboursement des fonds volés, Jean-Jacques Mbungani promet de suivre de près la suite du dossier afin que les responsabilités soient établies et que « de tels actes ne se reproduisent plus ». Il plaide pour une gestion plus rigoureuse des rémunérations du personnel enseignant et un renforcement des mécanismes de contrôle dans les circuits de paie.
Cette affaire relance par ailleurs le débat sur la sécurisation des salaires des enseignants en milieux enclavés, souvent confrontés à des risques de détournement liés à la chaîne de paiement ou au transport manuel des fonds.
Dans sa conclusion, le député se veut rassurant et déterminé : « Je reste pleinement engagé à vos côtés. Ensemble, poursuivons notre combat pour une éducation digne, équitable et respectueuse des droits de ceux qui la portent au quotidien. »
Un message que beaucoup d’enseignants espèrent voir rapidement suivi d’actions concrètes.
Prince Muelela