Kinshasa a vécu ce jeudi une scène inédite au Palais du peuple. Le personnel administratif de l’Assemblée nationale a manifesté bruyamment pour exiger la satisfaction de ses revendications sociales, paralysant ainsi la plénière prévue à 15h00 et consacrée à l’examen et à l’adoption du calendrier des travaux de la session ordinaire de septembre.
Les agents en colère réclament bien plus qu’un simple ajustement de l’enveloppe salariale. Ils exigent le respect intégral des avantages sociaux prévus par les textes, parmi lesquels : la prise en charge des frais scolaires de leurs enfants, l’indemnité de logement et de transport, le 13ᵉ mois, l’allocation vestimentaire de début de session, la couverture des soins de santé pour eux et leurs familles, ainsi que les frais funéraires.
« Nous ne demandons rien d’extraordinaire, seulement l’application des droits sociaux qui nous sont légalement dus », a lancé un représentant du collectif, dénonçant des conditions de travail précaires face à une vie chère qui étouffe les ménages.
Pour mettre la pression, les agents ont bloqué plusieurs services administratifs, fermé certains bureaux et refusé d’établir les listes de présence, un geste suffisant pour empêcher la tenue régulière de la plénière. Plusieurs députés ont ainsi hésité à accéder à l’hémicycle, confrontés à un climat de tension inhabituel.
Cette paralysie intervient dans un contexte plus large de crispations sociales au sein de l’administration publique en RDC, où de nombreux agents dénoncent le non-paiement régulier de primes et avantages. À Kinshasa, par exemple, le gouvernement provincial a récemment dû consentir au paiement de trois mois de salaires et primes pour calmer la grogne.
Aucune réaction officielle de la présidence de l’Assemblée nationale n’a été enregistrée jusque dans la soirée. Mais du côté des grévistes, la menace est claire : si rien n’est fait, le mouvement pourrait s’amplifier et retarder davantage les travaux parlementaires attendus sur plusieurs réformes jugées prioritaires.
Une crise sociale qui s’invite désormais au cœur même de l’institution censée incarner la représentation nationale.
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