jeu. Jan 22nd, 2026

La démission de Vital KAMERHE de la présidence de l’Assemblée nationale n’est pas un simple épisode parlementaire. Elle constitue un acte politique majeur qui mérite une lecture approfondie, tant ses répercussions dépassent le seul hémicycle pour toucher l’équilibre même de l’alliance au pouvoir entre l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

Un geste d’apaisement et de responsabilité

En renonçant à son fauteuil de président de l’Assemblée nationale, Vital KAMERHE a surpris plus d’un. Certains y verront une capitulation forcée face aux pressions internes et externes. D’autres, au contraire, y liront un geste de responsabilité, une manière d’éviter que les tensions croissantes ne débordent et ne fragilisent davantage les institutions. Dans un pays encore marqué par une instabilité chronique, cet acte s’inscrit comme une volonté d’apaisement.

La sauvegarde de l’alliance de Nairobi

On ne peut analyser cette démission sans évoquer l’histoire récente : l’accord de Nairobi en 2018 qui a porté Félix TSHISEKEDI à la magistrature suprême. KAMERHE, en se retirant aujourd’hui, envoie un message clair : il préfère préserver l’esprit de cet accord et maintenir l’alliance UNC–UDPS que de s’accrocher à un poste au prix d’une rupture. C’est un sacrifice politique qui, au-delà des apparences, vise à sauvegarder une relation stratégique avec le chef de l’État.

Un repositionnement tactique

Loin d’être un adieu à la scène politique, ce retrait est aussi une manœuvre de repositionnement. KAMERHE est un fin stratège : en quittant l’Assemblée, il échappe à l’usure d’un pouvoir législatif souvent exposé aux critiques et conserve intact son capital politique. Cette posture de retrait volontaire peut lui permettre de mieux préparer ses ambitions futures, que ce soit pour un retour dans l’exécutif ou pour de nouvelles batailles électorales.

L’autorité renforcée de Félix TSHISEKEDI

Du côté du Président de la République, cet épisode est une victoire politique. En obtenant le départ de KAMERHE, Félix TSHISEKEDI démontre sa capacité à arbitrer et à imposer son autorité au sein de la majorité. Ce geste redore son image de leader maître de son camp, alors que beaucoup le soupçonnaient d’être prisonnier des compromis hérités de l’accord de coalition.

Les fragilités persistantes

Cependant, la démission de KAMERHE met aussi en lumière la fragilité structurelle de l’alliance au pouvoir. L’UDPS pourrait être tentée de capitaliser sur ce départ pour concentrer davantage les leviers du pouvoir, au risque d’irriter ses partenaires de l’UNC. Ces tensions latentes pourraient resurgir à l’approche des prochaines échéances électorales.

Conclusion

La démission de Vital KAMERHE ne doit pas être perçue comme une fin de parcours, mais comme une réorganisation des cartes au sein de la coalition présidentielle. C’est à la fois un acte de loyauté envers Félix TSHISEKEDI, une manœuvre tactique pour l’avenir et une démonstration de force du Président. Mais derrière ce jeu d’équilibre, une question demeure : jusqu’où l’alliance UNC–UDPS tiendra-t-elle face aux ambitions et aux appétits divergents de ses acteurs ?

✍️ Matthieu KANDOLO

By PR

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