La récente nomination de Judy Kiaria Nkumiri comme consul général à Goma par le Président kényan William Ruto suscite l’indignation et soulève de sérieuses interrogations sur la posture diplomatique du Kenya.
Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, est occupée depuis janvier par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, responsables de massacres, pillages et déplacements massifs de populations. En envoyant un représentant diplomatique dans une ville sous contrôle rebelle, le Kenya semble envoyer un signal implicite de légitimation à ces groupes armés, selon plusieurs analystes et observateurs.
L’actuel président de l’East African Community (EAC), déjà critiqué pour sa politique régionale ambiguë, risque ainsi de fragiliser la souveraineté congolaise et de compromettre les efforts internationaux de résolution du conflit.
Pour la population locale, cette nomination apparaît comme un affront supplémentaire : au lieu de soutenir les victimes et de dénoncer les exactions, un État voisin pourrait, par ses actes diplomatiques, entériner l’occupation et les violences.
Cette décision relance le débat sur la responsabilité des pays voisins dans la crise congolaise et sur le rôle ambigu de la diplomatie dans des zones sous contrôle rebelle, où chaque acte peut être interprété comme un appui implicite à la violence.
Rédaction