jeu. Jan 22nd, 2026

Il y a exactement vingt-un ans, dans la nuit du 13 au 14 août 2004, 166 hommes, femmes et enfants tutsi congolais furent massacrés dans le camp de réfugiés de Gatumba, au Burundi, dans une tuerie d’une barbarie inqualifiable. Le monde entier avait alors condamné ce crime, les ONG avaient réclamé des enquêtes, et les survivants avaient espéré que justice serait rendue.

Vingt ans plus tard, le constat est accablant : aucun responsable n’a été poursuivi. L’impunité demeure la règle, et le souvenir de Gatumba reste une plaie béante dans la mémoire collective des Banyamulenge et, au-delà, dans celle de l’Afrique des Grands Lacs.

Pourquoi un tel silence ? D’abord parce que la justice internationale, à commencer par la Cour pénale internationale, a choisi d’autres priorités, laissant des victimes sur le bord du chemin. Ensuite parce que les États de la région, plus soucieux de préserver des équilibres politiques fragiles que de rendre justice, ont préféré l’oubli à la vérité. Enfin, parce que les mécanismes nationaux se sont montrés incapables, voire réticents, à enquêter sur un massacre pourtant bien documenté.

À Gatumba, c’est l’humanité qui a été trahie. Laisser ce crime impuni, c’est envoyer un message terrible : celui que la vie de centaines d’innocents peut être sacrifiée sans conséquence. Vingt-un ans après, ce n’est pas seulement la mémoire des victimes qui interpelle, c’est aussi la crédibilité de la justice internationale et des États qui s’érode.

Il est temps de briser ce silence. La justice différée est une justice niée. Tant que Gatumba restera un dossier oublié, la région des Grands Lacs demeurera prisonnière de ses démons : la haine, la peur et la vengeance.

Prince Muelela

By PR

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *