jeu. Jan 22nd, 2026

En République démocratique du Congo, le point relatif à la restauration de l’autorité de l’État dans les zones occupées par l’AFC/M23, contenu dans la Déclaration de principes signée à Doha, fait déjà l’objet de divergences d’interprétation entre les signataires.

Ce texte, conclu le 19 juillet dernier à Doha sous médiation internationale, marque une étape censée conduire à des négociations formelles en vue d’un accord de paix global entre Kinshasa et le mouvement rebelle soutenu par le Rwanda.

De retour de Doha, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, s’est exprimé ce lundi à Kinshasa pour clarifier la position du gouvernement.

Selon lui, la restauration de l’autorité de l’État signifie le rétablissement de la présence de l’administration publique dans les territoires contrôlés par le M23.

« La restauration de l’État passe par la mise en œuvre des attributs du pouvoir public dans les entités. Nous sommes en train de nous y préparer au niveau du ministère de l’Intérieur. Il faudra redéployer toute l’administration, y compris la force publique, notamment la Police nationale », a-t-il déclaré.

Le ministre rappelle que, face à l’avancée de la rébellion, le gouvernement avait dû délocaliser certains chefs-lieux. Beni assure actuellement ce rôle pour la province du Nord-Kivu, et Uvira pour le Sud-Kivu.

Il précise par ailleurs que les modalités concrètes de cette restauration seront détaillées dans l’accord de paix en préparation.

De son côté, le mouvement AFC/M23 donne une lecture différente du même principe. Pour ses représentants, il ne s’agit pas d’un retrait pur et simple des zones occupées.

« Il ne s’agit pas de retrait, mais de mécanismes de capacitation de l’État, le rendant à même d’assumer ses prérogatives et obligations », a indiqué un responsable du mouvement.

Le M23 insiste ainsi sur une démarche progressive et conditionnée, qui n’implique pas, selon lui, une remise immédiate des territoires sous contrôle des forces gouvernementales.

Ces positions contrastées laissent entrevoir la complexité des discussions à venir. Si la Déclaration de Doha pose un cadre général, les deux parties semblent encore loin d’un consensus sur les étapes concrètes de la pacification et de la normalisation.

La signature d’un accord de paix global reste attendue dans les prochains jours, selon les engagements pris à Doha. Mais les désaccords sur l’interprétation des termes-clés, comme celui de la restauration de l’État, pourraient peser sur la suite du processus.

Rédaction

By PR

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *