mer. Mar 25th, 2026

La vacance à la deuxième vice-présidence du Sénat, consécutive au départ de Modeste Bahati Lukwebo, dépasse largement le cadre d’un simple remplacement. Elle constitue un test majeur pour la majorité présidentielle, une véritable épreuve de maturité politique. Dans un contexte où chaque décision peut peser sur la cohésion de la coalition et l’équilibre territorial, le choix du candidat idéal est déterminant. Et pour de nombreux analystes, ce candidat n’est autre que le Sénateur Eustache Muhanzi.

Plusieurs sénateurs du Sud-Kivu ont été cités comme possibles successeurs de Bahati Lukwebo. Pourtant, les contraintes géopolitiques limitent considérablement ces candidatures. Pour garantir un équilibre régional et la crédibilité de la représentation du Sud-Kivu, le successeur doit provenir du même territoire que son prédécesseur : Kabare.

Ainsi, Norbert Basengezi Kantintima, soutenu par la galaxie A24-AN-A25 du Regroupement politique de la Gouverneure du Lualaba, Fifi, se heurte à un obstacle de taille : son territoire, Walungu, est déjà représenté par Aimé Boji Sangara à la tête de l’Assemblée nationale. Lui accorder un rôle stratégique risquerait de créer une perception d’accaparement régional et de fragiliser l’équilibre interne de la majorité.

De même, Aristide Bulakali, cadre de l’UDPS, se trouve dans une position délicate. Son parti est déjà largement représenté au sein du bureau du Sénat : lui offrir un nouveau poste clé pourrait générer frustrations et tensions parmi les autres composantes de la coalition. Les qualités personnelles de ces candidats ne suffisent donc pas : la logique de rotation et d’équilibre territorial rend leur élection problématique.

Face à ces limitations, Eustache Muhanzi se distingue clairement. Originaire du territoire de Kabare, comme Modeste Bahati Lukwebo, il assure une continuité respectueuse des équilibres régionaux. Cette succession territoriale réduit les tensions potentielles et garantit une représentation crédible et harmonieuse du Sud-Kivu au Sénat.

Ancien ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité et sénateur en exercice, Muhanzi possède l’expérience et la connaissance des rouages parlementaires nécessaires pour occuper immédiatement ce poste. Il maîtrise les enjeux institutionnels, sait coordonner différents acteurs et comprendre les subtilités de la coalition.

Mais sa force dépasse ses compétences : il est un lien naturel entre continuité et innovation, entre exigence locale et responsabilité nationale. Cadre influent de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et soutenu par les alliés de l’Union sacrée, il possède la capacité rare de rapprocher différents courants, minimisant les risques de divisions internes et renforçant la cohésion du groupe parlementaire.

Dans un Sénat où la cohésion est indispensable au bon fonctionnement des institutions, l’aptitude d’Eustache Muhanzi à fédérer constitue un atout stratégique. La majorité ne peut se permettre une candidature polarisante ou génératrice de frustrations : il offre au contraire une solution apaisante et rassembleuse.

L’autorité morale de l’Union sacrée, le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, en tant qu’arbitre, doit trancher entre ces différentes options. Son choix ne peut se limiter à des considérations personnelles ou partisanes : il doit préserver l’équilibre territorial, la cohésion des partis et la crédibilité du Sénat.

Dans ce cadre, Eustache Muhanzi apparaît comme la solution la plus sûre et rationnelle. Sa candidature garantit un consensus, limite les tensions et envoie un signal fort de stabilité aux provinces comme aux partenaires politiques.

La deuxième vice-présidence du Sénat n’est pas qu’un rôle administratif : elle reflète la capacité de la majorité à gérer les ambitions internes, à respecter les équilibres territoriaux et à consolider son influence nationale. Faire d’Eustache Muhanzi le candidat unique de l’Union sacrée dépasse les logiques individuelles et constitue un message clair de maturité politique et de responsabilité.

Son élection assurera non seulement la continuité et l’efficacité du Sénat, mais aussi la stabilité et la crédibilité de la majorité présidentielle, dans une période où chaque décision a un impact politique significatif.

PM

By PR

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *