1. Un geste d’apaisement politique
La démission peut être perçue comme un acte d’apaisement face aux tensions institutionnelles et politiques qui se cristallisaient autour de lui.
KAMERHE, en se retirant, évite de fragiliser davantage la coalition au pouvoir et de donner l’impression d’un bras de fer permanent entre lui et certains acteurs proches de l’UDPS.
2. La sauvegarde de l’alliance UNC–UDPS
L’UNC de KAMERHE a été l’un des piliers de la victoire de Tshisekedi en 2018 à travers l’accord de Nairobi.
En se désistant, KAMERHE manifeste une volonté de préserver cette alliance stratégique et de montrer sa loyauté envers le Président de la République, même si les intérêts de son parti peuvent sembler lésés à court terme.
3. Un repositionnement stratégique de KAMERHE
Sa démission peut être une façon de se repositionner politiquement : se mettre en retrait du devant de la scène parlementaire pour mieux préparer l’avenir (soit un retour au gouvernement, soit une stratégie électorale pour 2028).
KAMERHE reste un fin calculateur politique : en évitant la confrontation directe avec l’UDPS, il maintient son statut d’allié indispensable au Président Tshisekedi.
4. Renforcement de l’autorité de Tshisekedi
Cet épisode montre que Félix Tshisekedi parvient à garder le contrôle sur ses alliés et à imposer une certaine discipline politique.
Le départ de KAMERHE de l’Assemblée nationale peut être lu comme une victoire d’autorité pour le Président, qui apparaît comme le véritable arbitre de la coalition.
5. Fragilité de la coalition
Toutefois, cette démission révèle aussi les fragilités internes de la coalition au pouvoir. Les tensions entre l’UNC et l’UDPS ne sont pas terminées : elles risquent de se manifester lors des prochaines échéances électorales ou dans la redistribution des postes stratégiques.
L’UDPS pourrait être tentée de monopoliser davantage le pouvoir, ce qui placerait l’UNC dans une position défensive.
En résumé :
La démission de Vital KAMERHE est à la fois un signe de loyauté vis-à-vis de Félix Tshisekedi, un sacrifice stratégique pour préserver l’alliance UNC–UDPS, mais aussi un retrait tactique lui permettant de préparer un retour en force. Pour Tshisekedi, c’est un renforcement de son autorité politique, mais les tensions de fond au sein de la coalition restent présentes.
✍️ Matthieu A. KANDOLO