Le ministère provincial de la Santé publique, Hygiène et Prévention de Kinshasa a pris une décision ferme contre une pratique jugée indigne et contraire aux principes fondamentaux des droits humains. Dans une note circulaire rendue publique, les autorités provinciales interdisent formellement l’exposition des malades dans les lieux publics sur toute l’étendue de la ville-province.
Depuis plusieurs mois, des scènes troublantes se multipliaient dans plusieurs communes de la capitale congolaise : des malades gravement atteints, parfois dans un état critique, étaient installés à même le sol sur des carrefours, ronds-points ou trottoirs, dans l’espoir de susciter la compassion des passants. Une pratique qui, selon les autorités sanitaires, s’apparentait à un marchandage de la souffrance humaine, avec parfois la complicité de réseaux de mendiants organisés.
Le ministère dénonce une situation qui « déshonore et porte un discrédit à la dignité humaine », rappelant que cette dernière est consacrée par l’article 16 de la Constitution du 18 février 2006. Celui-ci stipule notamment que « la personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger ».
Cette décision s’inscrit dans une volonté de préserver les valeurs éthiques, la dignité des malades, et de mettre fin à un phénomène qui alimente la stigmatisation des personnes en situation de grande vulnérabilité. Les autorités provinciales appellent par ailleurs les familles, les structures sanitaires, les ONG humanitaires et les forces de l’ordre à veiller à l’application stricte de cette mesure.
Des mécanismes de suivi seraient en cours de mise en place pour assurer l’identification, la prise en charge et l’orientation médicale de ces malades vers les structures appropriées, en lien avec les services sociaux compétents.
PM