jeu. Jan 22nd, 2026

La ville de Bunia, chef lieu de la province de l’Ituri, est l’une des villes de l’Est de la RDC où la mendicité se porte en merveille, avec un plus grand nombre des mendiants. Ce sont généralement des femmes et des enfants déplacés de guerre qui sont dans les rues et avenues pour mendier au près des passants, pour l’année 2024, leur nombre a triplé suite à l’afflux de déplacés dans la ville.

Facteurs favorisants de cette mendicité

3 grands sites de déplacés se trouvent dans la ville de Bunia, le site des déplacés de l’ISP, de Kigonze et de Tsere, qui sont non assistés en vivres et non vivres. La vie y étant difficile, certains enfants et femmes sont obligés de s’installer dans la rue pour mendier comme témoigne une femme rencontrée près de la banque TMB avec ses 3 enfants.

” Je suis ici pour demander quelque chose aux passants, ceux qui ont la bonne volonté donnent, et avec l’argent trouvé ici, j’ai au moins un petit rien pour nourrir mes enfants, il n’y a pas une bonne vie dans le site”, a-t-elle indiqué à Yabisonews.cd.

Olivier Karba, porte-parole de l’Association des Déplacés Victimes de Guerre, ADVG explique ce phénomène par la misère “extrême” due à la non assistance par le gouvernement congolais et ses partenaires, que certains déplacés se déversent dans la rue pour mendier. Il note que leur nombre a triplé l’année 2024

“Le manque des vivres et non vivres, des bons soins, des abris confortables, des toilettes,…sont des problèmes dans les sites de déplacés. Des cas de mort suite à la famine sont enregistrés, voilà même ce qui est à la base de la mendicité des déplacés de guerre en ville de Bunia “, a indiqué ce porte parole des déplacés de guerre.

L’éducation des enfants influencée

Cette situation de mendicité influence négativement l’éducation des enfants. Certains enfants ont décidé de vivre dans la rue que de regagner les sites de déplacés. À tout passant, les sollicitations de ces enfants sont connues “Saidiya” pour dire aide moi, soit “Patiya miye 100 francs” qui signifie donne moi 100 francs.

“Je ne peux pas renter au site de déplacés moi, je me sens mieux dans la rue avec d’autres enfants de mon âge, ici les personnes de bonne volonté nous donnent peu d’argent, surtout quand nous aidons certains à essuyer les vitres de leurs véhicules stationnés sur la chaussée “, a révélé un enfant en situation difficile rencontré sur le boulevard de Libération.

Une mendicité gênante pour les passants

Des passants se plaignent de cette mendicité des femmes et enfants déplacés de guerre. Certains estiment être dépassés par les sollicitations de ces derniers, et ne savent pas qui aider, et qui laisser.

“Ils sont devenus nombreux, et moi personnellement je ne sais pas quoi faire quand je vois les femmes et les enfants souffrir ainsi. J’ai peux avoir 1000 francs, mais je me dis à qui dois-je donner ça, et qui laisser. Cette situation est devenue gênante”, a indiqué un habitant de Bunia.

À un autre d’ajouter: “les sollicitations des ces gens (personnes déplacées) gênent quelques fois, ça arrive que vous n’avez rien en poche, et ils viennent vous solliciter pour leur laisser quelque chose, ça me gêne moi”, s’est t il exclamé.

Le retour de la paix, la solution idéale à ce fléau

Les déplacés de guerre ne sont pas du tout contents de cette vie de mendicité. Ils ont exprimé leur désir de regagner leurs villages pour vivre mieux grâces aux activités champêtres et autres.

“Nous avons abandonné nos champs suite à la guerre, et nous voici devenu des mendiants, nous voulons regagner nos villages pour continuer avec l’agriculture”, a indiqué une déplacée de guerre.

“Pour cette année, la population déplacée n’attend que de regagner son milieu d’origine parce qu’elle a longtemps souffert, et ne veux pas que cette souffrance continue en 2025. Nous demandons au gouvernement d’imposer la paix, les gens ne doivent pas continuer de vivre dans les sites de déplacés”, a souhaité Olivier Karba, porte-parole des déplacés en province de l’Ituri.

Soulignons que, selon les dernières statistiques de la division provinciale des affaires humanitaires et solidarité nationale en Ituri, chapeautée par Louise Wanitho, plus de 79 084 déplacés vivent dans 68 sites sur l’ensemble de la province et sont sans aucune assistance.

Avec yabisonwes/Joseph Kisuki

By PR

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